La stratégie des courses indoor

 

Doubler

Doubler est un exercice difficile dans les courses en salle : lignes droites réduites, virages serrés, faible largeur de piste, respect des passages autours des plots, vitesse d’évolution importante…

Observez les courses : la plupart des dépassements se font sur les courtes lignes droites.

Les patineurs essayent de construire de la vitesse dans les virages afin de pouvoir doubler dans les lignes droites, le plus souvent en milieu de ligne droite ou juste avant le virage.

Il est en effet plus difficile de doubler en sortie de virage car la vitesse d’évolution de vos adversaires se trouvant devant vous est encore en train d’augmenter alors qu’elle va au contraire se ralentir pour entamer le virage suivant dès le milieu de la ligne droite. Votre survitesse vous permettra alors de dépasser.

Votre stratégie pour avoir une vitesse suffisante pour dépasser un adversaire en ligne droite :

-         avoir une très bonne technique en virage (équilibre, technique de croisés)

-         savoir accélérer au bon moment (science de la course, observation, anticipation,…)

-         tenir compte de la surface du terrain : selon le revêtement, il est plus ou moins facile de dépasser à tel ou tel endroit selon les salles.

Vous avez à votre disposition deux choix pour doubler : par l’intérieur ou par l’extérieur.

Doubler par l’intérieur.

Vos adversaires ne sont pas à la corde : doublez-les par l’intérieur !

Mais attention, vous ne devez employer cette stratégie qu’en début de ligne droite, pour vous permettre de reprendre une bonne trajectoire pour le virage suivant.

Si vous effectuez cette manouvre en bout de ligne droite, vous serrez alors certainement obligé de prendre le virage trop serré avec deux conséquences possibles : une chute ou l’obligation d’élargir votre trajectoire dans le virage, laissant à vos adversaires le champ libre pour vous doubler.

Les meilleures conditions de courses pour passer par l’intérieur ?

-         en ligne droite lorsque la course est au ralenti,

-         lorsque le patineur devant vous sort un peu large du virage,

-         lorsque la vitesse de sortie de virage est suffisamment faible pour vous permettre de dépasser et vous repositionner correctement pour avoir une trajectoire idéale lors du virage suivant.

-         Anticiper cette manœuvre avant l’entrée du virage précédent cette manœuvre pour avoir une vitesse suffisante

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Doubler par l’extérieur

Contrairement à un dépassement par l’intérieur, dépasser par l’extérieur engendre moins de contraintes de repositionnement pour rester dans la trajectoire du virage suivant.

Vous pouvez donc dépasser dans la seconde partie de la ligne droite.

Deux techniques sont possibles pour être en survitesse et dépasser vos adversaires :

Laissez un peu de distance entre vous et le patineur qui vous devance dès l’entrée du virage. Vous aurez ainsi de l’espace pour accélérer, espace qui se réduira à la sortie du virage du fait de votre survitesse et vous permettra de doubler dans la ligne droite.

Prendre un virage plus large que vos adversaires en patinant déjà à l’extérieur.

Pour rester au niveau de vos adversaires qui auront moins de distance à parcourir vous devrez augmenter votre vitesse. Mécaniquement, vous aurez en sortie de virage plus de vitesse qu’eux, ce qui vous permettra de vous positionner devant eux en vous rabattant.

Doubler…en équipe ?

Vous êtes deux patineurs de la même équipe, du même club… il peut être tentant de prévoir avant la course un schéma type pour doubler selon la configuration de la course.

A deux, la tactique pourrait ainsi consister à ce qu’un des patineurs se relève en sortie de virage ce qui freine les suivants et permet à son coéquipier qui est en survitesse de passer le groupe et de s’échapper, celui qui avait freiné le pack repartant à sa poursuite…

Tentant ? Peut être, mais contraire à l’étique et au règlement du comité national course (CNC) qui prévoit dans son article 8.1 que « tout acte volontaire ou involontaire entraînant une gêne pour un patineur (ou groupe de patineurs) est considéré comme faute et est sanctionné par le jury.

La gravité de la faute reste à l'appréciation du juge qui tient compte :

- de la nature volontaire ou involontaire de la faute

- du préjudice subi par le coureur lésé (gêne, retard, chute, gêne lors du sprint final) »